Tous les ans depuis 2004, une caravane jaune d’Odysséens se forme sur les routes avec des personnes valides et non valides, pour traverser une région de France.

Un périple d’une semaine avec une soixantaine de personnes venant de toute la France ainsi que des invités étrangers.
En vélo ou en carrioles.
Euh, non. Des véhicules spécialement conçus pour les personnes à mobilité réduite, véhicules attachés à un vélo, avec un pédalier pour les bras, pour les jambes ou encore sans pédalier pour juste profiter du paysage.

L’un des objectifs est de sensibiliser les habitants des villes et villages traversés à la maladie et au handicap, d’ailleurs les carrioles ont aussi ce rôle-là car ça intrigue, suscite l’intérêt et les interrogations quand on en voit une.
En effet, cela nous permet d’expliquer ce que nous faisons, pourquoi, comment etc. Solidarité, partage, information, c’est ça aussi l’Odyssée.
Exact, c’est avant tout une aventure humaine, d’ouverture d’esprit et de collaboration.
Chaque étape fait entre 60 et 80 km sur des routes à circulation modérée. Le parcours est reconnu dès janvier par nos bénévoles qui font la route tranquillement en voiture avec un œil de cycliste ou de tireur de carrioles afin d’éviter autant que possible les trop grandes difficultés et les dangers éventuels en prenant bonne note du moindre détail.
Ensuite, les cahiers de route précisant l’itinéraire à suivre, sont déposés en préfecture conformément à la réglementation.

Au contraire, le peloton est composé de personnes de tout âge et de toute condition physique. Le niveau cycliste de chacun est différent tant sur la préparation physique que sur l’adresse en vélo. Certains font du vélo toute l’année, d’autres ne font du vélo que pendant la semaine de l’Odyssée. Plus votre niveau est élevé, plus c’est à vous d’être attentif et de prévoir les manœuvres de ceux dont le niveau est moins élevé.
Non, la caravane de l’Odyssée est composée de trois véhicules qui encadrent et protègent les cyclistes, deux à l’avant et un à l’arrière. Les véhicules portent tous des gyrophares oranges et des panneaux pour annoncer le convoi aux autres usagers de la route, il n’est pas rare que d’autres cyclistes ou des gens en rollers croisés sur le trajet viennent se joindre à nous pour le reste de la journée voir plus parfois.

Le véhicule de tête ouvre la voie pour prévenir la caravane d’éventuels problèmes (côtes, route accidentée, ralentisseurs, travaux, véhicules venant en sens inverse…) et suit scrupuleusement l’itinéraire préalablement reconnu,
il doit prendre un peu d’avance sur la route afin de renseigner le reste de la caravane
et d’improviser un trajet à la dernière minute si besoin.
Le second véhicule protège et annonce le début du peloton. Lorsque le véhicule de tête est hors de portée radio du reste du peloton, il relaie l’information donnée par le véhicule de tête, voire il le remplace. Vu qu’il s’agit d’un minibus pour le transport de personnes en fauteuil-roulant, il a pour second rôle d’emmener de façon sécurisée les gens qui attendent leur tour en carriole.
Le véhicule de queue protège l’arrière du peloton. C’est la voiture balai: il s’arrête et porte assistance aux cyclistes en panne matérielle ou ceux dont la fatigue ne permet plus de continuer jusqu’au bout de l’étape. Il annonce également lorsque des véhicules attendent de pouvoir dépasser le peloton, et lorsqu’ils dépassent.
Chaque véhicule dispose d’un talkie-walkie. Deux, voire trois cyclistes chevronnés chargés de la sécurité disposent d’une radio pour communiquer avec les véhicules, ils sont tenus au courant des aléas routiers et organisent le peloton, ainsi qu’à chaque intersection, aux rond-points, lors des départs et arrêts…
Nous disposons d’une équipe d’intendance dans d’autres véhicules qui arrive bien avant le reste de la troupe, prépare les repas et gère la logistique pour une soixantaine de personnes matin, midi et soir. Chaque journée est découpée en quatre avec, bien entendu, une pause déjeuner le midi dans une commune qui nous prête une salle pour l’occasion. Les deux autres arrêts permettent de satisfaire des besoins naturels, de prendre des sucres rapides en mangeant des gâteaux par exemple et d’effectuer une rotation des occupants des carrioles.

Dans des gymnases avec douches et toilettes adaptés qui nous sont prêtés par les municipalités dans lesquelles nous faisons halte en fin de journée. Nous sommes équipés de l’ensemble logistique suffisant (tables, chaises, vaisselle, matelas, lits…), qui transitent avec notre intendance.